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Libération
Interview

Bullimore le naufragé refait surface.

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Publié le 03/11/1997 à 13h05

Il porte beau, le petit bonhomme. Blazer bleu, cravate club, en

harmonie parfaite avec le décor du Train Bleu, brasserie chico-ferroviaire de la gare de Lyon. En transit, Tony Bullimore. Entre Grande-Bretagne, festivals d'aventures, sortie de livre, construction de bateau. On l'avait laissé en tout début d'année, survivant épique d'un naufrage dans les mers froides du grand Sud. Depuis le Vendée Globe, il s'est évidemment refait une santé, une virginité, voire un discours. On en avait en effet entendu des pas tristes sur le vieil Anglais sauvé des eaux. Des histoires d'exclusivité négociée, de contrat avec des chocolatiers, de casquettes à porter devant les caméras, de scénario pour Hollywood. Tout cela, il l'a oublié, le roublard, ou l'élude avec la sagesse des flibustiers revenus de tout.

Noir absolu. Sur le reste heureusement, le débit ne tarit pas. Avec cette distanciation qui différencie les jamais désespérés des éternels porteurs de poisse. Epopée longue, trois jours pleins dans un monocoque cul par-dessus tête, le noir partout sous la coque où le doyen de la course s'était réfugié. Un bateau sans quille qui roule et tangue dans les cinquantièmes vociférants, une mer qui se glisse à l'intérieur sans invitation, «où que je sois». Et «les hurlements des vents» qui accompagnent la forfaiture des éléments. «Quand je tentais de me reposer dans un noir absolu, j'entendais toujours le mat, ou la bôme, qui tapait, toujours au même endroit, avec la crainte que cela endommage défi

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