Difficile de couper le sifflet de Bernard Lapasset. Le président de la Fédération française de rugby est une vraie pie borgne, même quand il se plaint de son image brouillée et de ses ratés de communication. «Je n’ai pas su y faire avec les médias. Je voulais rajeunir la Fédé sans apparaître comme un anti-Ferrasse, un monument qui a régné sur la FFR pendant un quart de siècle, d’où l’ambiguïté.» Une seule question pourtant lui coupe la chique, celle de savoir s’il est plus proche de Marie-George Buffet, la ministre communiste des Sports ou de son prédécesseur, le très chiraquien Guy Drut. Il supplie le joker, avant de plonger contraint et forcé: «Drut a voulu ma peau.» Comprendre qu’il lui attribue les fuites d’un rapport sulfureux sur les finances de la fédération, remis en 1996, en pleine campagne pour les élections fédérales que Lapasset a finalement remportées. Les relations avec Marie-George Buffet, qui le convoque comme un gamin, dès potron minet, à peine nommée au ministère, ne sont guère plus chaleureuses. Mais le courant finit par passer. Le temps pour le ministère de vérifier que le président, mal entouré à ses débuts, n’a rien de malhonnête. Tout juste faut-il remonter les bretelles et les accus d’un naïf face aux nouveaux enjeux financiers qui menacent un sport en mutation accélérée, d’un amateurisme sympathique au professionnalisme efficace. «Il a fallu le regonfler, car il était en mauvaise posture à notre arrivée. Lapasset n’est pas un mauvais cheval. C’est u
Bernard Lapasset ou le charme désuet de l’Ovalie.
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Le président de la Fédération subit plus qu’il ne contrôle l’évolution du rugby.
Publié le 07/02/1998 à 19h50
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