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Libération

Le Japon pris aux jeux. Surfin' Japan.

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Publié le 10/02/1998 à 19h57

Tokyo, de notre correspondante.

On n'avait jamais vu ça à Nagano. Une foule en délire, faisant la vague, encourageant les surfeurs de la voix. Des athlètes enthousiastes lançant leurs lunettes vers la foule, comme lors d'un concert de rock" L'ambiance était réellement à la fête, lundi, pour la première compétition de surf des neiges ­ le slalom géant hommes ­ de l'histoire des Jeux olympiques.

Où est donc passée la traditionnelle réserve des Japonais? s'interrogeaient les commentateurs étrangers devant cette fièvre plus latine qu'asiatique. On était loin du silence quasi gênant qui avait régné lors du premier match du tournoi de hockey sur glace. Aucun surfeur japonais n'avait pourtant réussi à se qualifier pour l'épreuve. Mais ici, le snobodo, comme on dit en japonais, est plus qu'un sport: un mode d'expression, voire un style de vie. La mode vestimentaire a pris même en ville, où l'on s'habille de plus en plus en anoraks coupe-vent sans forme, pantalons larges tombants et grosses chaussures rondes.

En deux saisons, l'archipel est devenu le premier marché mondial du snowboard. L'explosion est telle qu'il a même rattrapé cette année celui du ski alpin. Pourtant, une centaine de stations de sports d'hiver japonaises (sur 700) refusent encore leurs pistes aux surfeurs, jugés trop voyous. «L'esprit du ski et du snowboard sont radicalement différents, analyse Jean-René Belliard, le patron de Salomon Japon. Le snowboard reproduit les sensations du surf. C'est davantage un sport d'

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