Chamonix envoyé spécial
Les uns sourient, les autres non. Ce week-end, des alpinistes ont convergé du monde entier vers Chamonix pour échanger leurs expériences de l'année écoulée, leurs photos, leurs projets. Les récompenses annuelles y sont décernées: un Cristal, un Piolet d'or" et quelques piques. Cette année, les jurys auraient souhaité souligner deux approches de la montagne qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement: alpinisme heureux, alpinisme héroïque. Retour sur quelques temps forts de l'année montagne 1997.
Le 3 février, Patrick Berhault et Francis Bibollet sourient lorsqu'ils achèvent leur grand voyage hivernal de sept jours à travers quatre faces Nord du massif du Mont-Blanc (Libération du 13 février 1997). Un détail résume l'approche de ce duo d'esthètes (que l'alpiniste Patrick Gabarrou résume d'une formule: «Patrick Berhault, c'est l'excellence discrète.»). Au sommet du mont Blanc, dernière étape de leur périple, ils se sont photographiés mutuellement brandissant un ours en peluche. Le «message» du nounours, c'est que l'on peut encore inventer en montagne des voies, des enchaînements inédits où prime la recherche d'un plaisir, d'une esthétique; que la recherche de nouveaux horizons en alpinisme n'est pas forcément synonyme de drame. Berhault et Bibollet ont reçu le Cristal de la Fédération française de la montagne et de l'escalade. Le 21 mai, au sommet du Makalu (8 481 mètres d'altitude), autre réussite, au goût amer. Cinq Russes d'Ekaterinenburg, dans l'Oura




