Menu
Libération

Le japon pris aux jeux. Chausse-trapes pour les chaussures.

Réservé aux abonnés

Publié le 11/02/1998 à 20h03

Tokyo, de notre correspondante.

L'histoire est restée dans les annales. Dans les années 70, alors que les Japonais commençaient à s'initier aux joies des sports d'hiver, le ministère du Commerce extérieur et de l'Industrie (Miti) chercha à empêcher les importations de skis pour protéger l'industrie locale. Ne pouvant les interdire sans motif, il décréta que la neige japonaise, prétendument plus humide, était «différente»! Exit les skis étrangers. Si ce protectionnisme n'a plus cours, les importateurs de chaussures subissent encore une réglementation ubuesque. Les chaussures sont en effet lourdement taxées, mais à des taux qui varient curieusement sans que personne ne sache très bien pourquoi. Suivez le guide: pour les douanes, une chaussure en cuir, avec ou sans lacets, est forcément une chaussure de ville. Elle supporte donc la taxe maximale, soit 60%. Si elle est destinée au sport, la taxe peut être ramenée à 27%, mais il faut qu'elle ait des lacets. Enfin, si elle est en matière synthétique, la taxe tombe à 9%. N'étant pas en cuir, étant destinée au sport et fermée par des crochets, une chaussure de ski devrait donc être taxée à 9%. Erreur! La taxe est de 27%. Pourquoi? Réponse du Miti: «Avant elles étaient en cuir et à lacets.» Et depuis, les fonctionnaires du ministère, qui ne doivent pas skier souvent, n'ont pas changé les règles. Cas pratique, Salomon s'apprête à lancer une nouvelle chaussure de sport sur le marché nippon. Ressemblant à un sabot, doublée en fourrure p

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique