Tokyo de notre correspondante
Il s'appelle Yoshiaki Tsutsumi. Au Japon, la simple évocation de son nom fait frémir. On le dit capable de déplacer des montagnes, c'est lui qui, à la surprise générale, a apporté les JO à Nagano. Cet homme de 63 ans, qui a hérité de la plus grosse part de la fortune de son père, dont il était pourtant le fils illégitime, est l'un des hommes les plus riches de la planète et sans doute des plus mystérieux. En 1994, le magazine américain Forbes l'avait classé en tête des magnats de ce monde. Depuis, celui qui préside le très secret groupe Seibu (chemins de fer Seibu, chaîne d'hôtels Prince, construction, immobilier, terrains de golf") s'est muré dans le silence, refusant les interviews et limitant ses apparitions publiques au strict minimum. Les estimations de sa fortune varient aujourd'hui entre 8 et 24 milliards de dollars (48 et 144 milliards de francs). Timide ou retors, au choix, Tsutsumi préfère agir en sous main. La position géographique de Nagano, bien plus au sud que tous les sites choisis jusqu'ici pour les Jeux d'hiver, aurait dû normalement écarter d'emblée sa candidature. C'était compter sans le pouvoir de persuasion de celui qui est aussi le propriétaire de presque toutes les stations de sport d'hiver de la région. Aussi, quand Juan Antonio Samaranch, le président du Comité international olympique, est venu à Nagano pour étudier la candidature de la ville, Tsutsumi a su trouvé les mots, et l'argent, pour le convaincre. L'héritier a so




