Toulon envoyé spécial
On demanda un jour à David Campese quels étaient les stades qui l'avaient le plus impressionné au cours de sa longue et belle carrière. L'ailier australien énuméra Twickenham, l'Eden Park d'Auckland et d'autres lieux célèbres du monde du rugby. Il dit aussi: «Et puis, il y a ce petit stade en France, au bord de la mer.» Cette citation, les Toulonnais la connaissent tous parce que ce stade-là c'est le leur, Mayol, un stade en pleine ville, devant le port.
Mayol tient la même place à Toulon que les arènes dans les villes espagnoles. C'est une plaza de rugby comme il y a des plazas de toros et le public y vient avec la même passion. On y joue au football aussi et le Sporting y attirait du monde quand il jouait en première division. Mais le rugby détient les records d'affluence et de fréquentation.
Le bagne et la flotte Le rugby, c'est l'emblème des Toulonnais en mal de reconnaissance. La ville n'a jamais su se faire une place entre Marseille et Nice. Il y a la rade, trop belle pour échapper à la marine de guerre. C'est un malheur. Au XVIIIe siècle quand le corps des galères fut supprimé, Toulon, ville de la flotte devint aussi ville du bagne. C'est un signe distinctif dont on se passe. En 1872, le bagne partit à Cayenne, restaient les souvenirs, Jean Valjean et Vidocq. Restait aussi la flotte de Méditerranée, mais c'est une flotte sans gloire surtout remarquée en 1942 pour un haut fait désarmant: elle se saborda dans la rade plutôt que de partir en guerre au




