Helsinki, envoyé spécial.
Fini de rire au pied des cent forêts et des mille lacs, fini de humer l'atmosphère bucolique des bords de mer froide. La semaine qui débute est celle des grands retours au pays et des ambitions de même taille. Mercredi commence le Mondial au Stade de France; vendredi, la France démarre à Marseille. Contre l'Afrique du Sud. Il faudra gagner, peu importe la marge. De Djorkaeff à Deschamps, en passant par Thuram, 1-0 serait parfait: «Le but, ce n'est pas de l'emporter en marquant deux ou trois fois, confie le défenseur de Parme; le but, c'est de gagner la Coupe du monde.» Voilà. Un discours partagé par tous, empreint d'un sérieux réalisme à l'italienne, quand un pays entier attend pourtant de voir souffler un vent de déraison, un courant d'inspiration chez les Tricolores; quand le sélectionneur et le meneur Zidane d'ailleurs mis au repos jusqu'à mardi pour cause de cheville douloureuse en appellent, paradoxalement, à une «équipe plus folle, plus audacieuse». «Se faire violence.» Ainsi va le football de haut niveau, tiraillé entre les envies et les résultats. Comme on l'a vu vendredi soir, où, malgré une coloration offensive plus affirmée que jamais, avec trois véritables attaquants alignés en début de rencontre, les Bleus n'ont pas su concrétiser avant la 83e minute, après la rentrée de Trézéguet. Il y a pourtant de faibles chances pour que soit modifié ce bel édifice qui fait comme chaque matin le lit de la stérilité. La stratégie d'Aimé Jacquet




