Des cadavres de bouteilles et des canettes vides jonchent le sol.
Couché dans un couloir du métro, un supporter écossais est assoupi. Il est 20 h 45 mercredi, et le match Norvège-Maroc débute dans quinze minutes. En surface, le parvis de l'Hôtel de Ville, où est installé l'écran géant, est désert. Seule une dizaine de petites camionnettes vertes de la propreté de la Ville de Paris s'activent pour effacer les traces du match précédent. Les spectateurs sont contenus par les CRS, le temps d'en finir avec ce grand nettoyage. L'hymne marocain se distingue faiblement au milieu du vacarme des véhicules en mouvement. Un groupe de jeunes Marocains peinturlurés en rouge et vert, couleurs de l'équipe nationale, montrent quelques signes d'impatience.
Deux Norvégiens. Les forces de l'ordre libèrent enfin la foule. Très vite, malgré la pluie et la fraîcheur, les supporters s'amassent autour de l'écran. Les Marocains ont pris d'assaut les premiers rangs, et ils disposent leur étendard sous «la lucarne». La place leur appartient. «Regarde, un drapeau norvégien!» lance un badaud. Mais, sous la flamme scandinave, seul un couple de Norvégiens ose affronter la vague marocaine. Ce n'est que plus tard qu'il recevra le soutien de nombreux Ecossais souvent vêtus du kilt et du maillot" brésilien. Bien organisés, ils ont prévu que la nuit serait longue: «Nous avons une trentaine de bouteilles pour cette deuxième tournée», lâche l'un d'eux en titubant. Quelques heures plus tôt, ils étaient plus de 2 0




