Mallemort-de-Provence, envoyés spéciaux
A pied d'oeuvre. Enfin. Leur Coupe du monde peut commencer. Ils ont eu beau jeu de rappeler que depuis deux ans ils ont beaucoup travaillé, beaucoup progressé, les Bleus ne se sont jusqu'alors contentés que de matchs sans réels enjeux, qui n'ont débouché sur aucune véritable certitude. Face à l'Afrique du Sud, ce soir à Marseille, les hommes d'Aimé Jacquet auront l'occasion de prouver, dès leur première rencontre de ce groupe C, que toute cette préparation n'a pas été vaine. Pour l'heure, on en est aux supputations et au rendez-vous avec un sélectionneur et trois joueurs, au nord-est de Salon-de-Provence, pas loin de la résidence de luxe dans laquelle s'est installée la délégation tricolore hier.
Mallemort, 4 000 habitants, à mi-chemin entre Arles et Avignon, reçoit l'équipe de France. Pour se faire une idée précise de l'orgueil communal, il faut s'imaginer qu'un tel événement ne pourrait rentrer en concurrence qu'avec une visite papale. La population s'est mise sur son 31. De belles dames très dignes attendent de voir passer cette belle jeunesse. Comme madame Robert Durand, des établissements Durand, le plus gros employeur de la commune, «300 tonnes de pommes de terre à l'export». Le village est peigné avec soin. On a tiré des banderoles entre le coiffeur et la chambre du quincaillier: «Mallemort accueille l'équipe de France.» Soudain, les sirènes de trois automobiles annoncent l'imminence des demi-dieux du stade. L'écho résonne juste




