Pour enrayer la désertion des classes en pleine année scolaire, les
autorités ont légiféré. «Les élèves pourront voir à l'école les matchs du Mondial que disputera l'équipe argentine», a annoncé la mairie de Buenos Aires, ajoutant toutefois: «Si la direction de l'établissement est d'accord.» Une première dans une ville où, selon une récente enquête, 85% des habitants sont hinchas (supporters) d'un des multiples clubs de la capitale, et ce pratiquement dès le berceau... La tradition voulant qu'un oncle, un parrain, offre au nouveau-né la camiseta (maillot) de son club. «Nous avons suivi un critère réaliste. Les matchs que joue la "selecciónet qui coïncident avec les horaires scolaires allaient générer une situation complexe», estime Rogelio Bruniard, secrétaire adjoint à l'éducation de Buenos Aires. En clair, les élèves allaient sécher massivement. «Ici, le foot est une passion très forte et nous ne voulons pas qu'il soit antinomique avec l'école», justifie-t-il. Les provinces ont assorti la permission d'une condition plutôt controversée: compenser le temps passé devant l'écran par la présentation de «sujets d'histoire, de géographie et caractéristiques des populations» des pays qu'affrontera l'Argentine. «Les écoles devraient profiter de la fièvre du Mondial pour présenter l'histoire récente de l'Argentine. Et l'utilisation du Mondial comme appareil de propagande de la dictature», s'est indigné l'essayiste Beatriz Sarlo. «L'éducation est suffisamment en crise pour ne pas,




