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Libération
Reportage

River contre Boca le classique des caciques argentins

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Nés au début du siècle dans le même quartier de Buenos Aires, les deux clubs, l'un huppé et l'autre populaire, se vouent une haine féroce. Qui culmine lors des derbies.

ParClaude MARY
Buenos Aires de notre correspondante
Publié le 02/07/1998 à 7h03

En Argentine, plusieurs fois par an, un événement mobilise le pays tout entier. Attendu pendant des semaines, il fait vivre les émotions les plus fortes. C'est le «superclassico», le match entre les deux plus grands clubs de foot de Buenos Aires: Boca Juniors et River Plate.

Adversaires jurés, ennemis féroces, symboles antagonistes de l'échelle sociale, les deux «grands» de la capitale sont pourtant nés, au début du siècle, dans le même berceau. Au sud de la ville, dans le quartier de la Boca, autour du premier port de Buenos Aires. «La Boca était pleine de terrains vagues et, à chaque coin de rue, il y avait un espace pour jouer au foot. Les deux équipes s'entraînaient à 200 mètres l'une de l'autre. Elles fabriquaient elles-mêmes les buts avec des planches et des filets de pêche», se souvient Juan Bautista Carretino, membre du club Boca Juniors depuis 1930. Marins anglais. C'est à la Boca qu'arrive la foule des immigrants venus de toute l'Europe: Basques, Espagnols, Lituaniens, Italiens et notamment Xeneises (génois), dont le nom est toujours imprimé au dos du maillot de l'équipe de Boca. Près du port au trafic intense, dans ce quartier hérissé de cheminées noires, les arrivants dressent leurs baraques au toit de tôle ondulée. Recouvertes de restes de peinture récupérés sur les quais, elles donnent au quartier l'aspect bigarré qu'il a conservé. «Les gosses du coin et les ouvriers qui calfataient les bateaux étaient fascinés de voir les marins anglais jouer avec un ballon, à

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