Buts pour la France: Thuram (47e, 70e); pour la Croatie: Suker (46e).
Mettre au clou, enfin, les désillusions engendrées par l'avant-dernière marche sur laquelle l'équipe de France n'arrivait qu'à s'essuyer les pieds. Accrocher au portemanteau de l'enfer cette peur de l'ultime échelon devant lequel les Bleus d'hier et d'avant-hier venaient échouer leurs espoirs de grande nation du football. Un soir d'été 98, au Stade de France, les joueurs d'Aimé Jacquet, à l'inverse de leurs foutus devanciers, ceux de 58, de 82 ou de 86 dont on leur rebattait systématiquement les oreilles, n'ont pas plié les gaules en demi-finale. Au contraire. A l'issue d'un match crispé, certes, mais dont le dénouement, et la victoire qui ouvre les portes d'une finale de Coupe du monde, ôtent toute envie critique. Ils y sont, et c'est bien là l'essentiel.
Il fut pourtant terrible de constater d'abord que les Bleus prenaient la rencontre à bras le corps, comme le routier faisant danser la femme du restaurateur. Les deux bras bien serrés autour de la proie, et l'on tourne au rythme endiablé du fox-trot, mais sans que l'affaire se fasse. Des occasions, les Français s'en créent, bien sûr, par Zidane surtout, qui sait accélérer le jeu, qui tente de frapper des vingt mètres, par Guivarc'h à qui l'on donne enfin sa chance sur un coup franc des 20 mètres. La mainmise est tricolore, derrière comme au milieu, mais devant manquent les appels, les fausses pistes, les mises en déroute de l'opposant. La demi-heure approc




