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Libération
Éditorial

Un rêve français.

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Publié le 14/07/1998 à 5h58

Le triomphe en finale de la Coupe du monde de la Dream Team d'Aimé Jacquet a jeté la France dans la rue et plongé le pays dans une communion nationale sans précédent depuis les premiers jours de la Libération. Cette victoire sportive offre un formidable révélateur à la société française: l'événement se produit au bon moment, il vient cristalliser un long travail souterrain et lui donne, soudain, une incarnation rayonnante. Celle d'une nouvelle identité nationale faite d'intégration réussie, de volonté, d'ambition et d'efficacité, tout en assumant avec fierté une dimension européenne.

La rue a spontanément plébiscité cette image dépassant le cadre sportif. Et, comme dans tous les moments de communion, les gens se parlent, les voisins deviennent des interlocuteurs naturels, une intimité collective prend forme à grande échelle.

La diversité naturelle de la France encourage souvent ses divisions, ses affrontements, les dérisions et les résignations. On y cultive la spirale du déclin et on baigne volontiers dans le cercle maudit de la morosité. L'impuissance lui est systématiquement promise comme un destin: dans un tel environnement, les mayonnaises collectives ont du mal à prendre. Jacquet et les Bleus en savent quelque chose.

Pourtant, de nombreux indicateurs s'inversaient depuis des mois, avec la croissance retrouvée, le chômage enfin orienté à la baisse, la consommation des ménages qui s'emballe, l'équipement brutal en ordinateurs, le passage réussi à l'euro et bien d'autres évé

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