C'est clairement une bataille entre nordistes et sudistes. Une
régate où les choix météo valent autant pour la victoire finale que la performance des bateaux et la qualité des marins. Ici, les conseils des routeurs, ces tacticiens navigateurs en relation constante avec leur poulain, ont valeur d'oracle. Car la Route du rhum, partie dimanche de Saint-Malo pour Pointe-à-Pitre, reste une course d'obstacles. Ici, pas de haies, mais des anticyclones qu'il faut contourner, faute de s'engluer et de regarder les autres passer.
Les nordistes sont actuellement les mieux placés, mais pas les mieux lotis. «On se fait secouer les tripes et mes appareils de bord ne supportent plus cette agitation de cinglé», déclarait hier Laurent Bourgnon. La mer était forte, la houle croisée, le vent soufflait entre 25 et 35 noeuds. Dans cette baston, Paul Vatine et Laurent Bourgnon se battaient hier soir pour le leadership des multicoques. Suivaient, en troisième position, Alain Gautier, revenu à vive allure sur les premiers, puis Marc Guillemot, qui confirme son bon début de course et enfin Frank Cammas. A peine 100 milles séparaient hier, au pointage de 16 h 30, le premier du cinquième. Cette course très serrée entre les tenants de la voie nord ne surprend pas Jean-Yves Bernot, routeur de plusieurs concurrents de la Route du rhum, et notamment de Paul Vatine. «On savait qu'au bout de trois jours de course, ceux-là seraient à peu près côte à côte. Les conditions climatiques sont actuellement les mêmes




