Richard Virenque s'enfonce dans une défense suicidaire. Le coureur
était reçu hier à Lille par le juge Patrick Keil, en charge de l'affaire Festina, qui lui a communiqué les résultats des analyses le concernant. En juillet, le magistrat avait fait pratiquer des prélèvements de sang, de cheveux et d'urine sur tous les coureurs de l'équipe. Au sortir du palais de justice, Virenque en a conclu: «L'ensemble des paramètres biologiques et des analyses démontre scientifiquement que je ne suis pas dopé.» «L'expertise, c'est la providence des coupables et des menteurs, lui répondait hier Jean-Louis Bessis, l'avocat de Willy Voet, ancien masseur et procureur numéro 1 de Virenque. Il y a toujours des failles dans les expertises. Heureusement, celles-ci sont accablantes, et c'est un miracle.» Les conclusions de Virenque vont à l'encontre de celles du rapport d'analyse où les Dr Pepin et Bressolle le mettent en cause et écrivent que «8 coureurs sur 9 ont pris de l'EPO sous forme exogène, c'est-à-dire que cette hormone leur a été administrée par voie extérieure. Ils ont absorbé, toujours pour accroître leurs résultats, des stéroïdes, des corticoïdes, des hormones de croissance et, pour certains, des amphétamines». Bataille de chiffres. Virenque, conseillé par Me Collard, veut donc jouer sur les querelles d'interprétation des experts. «De plus, précise le coureur, mon hématocrite (1) est inférieure à 50.» Au parquet, on précise que «ce ne sont pas les chiffres qui sont importants mais les




