Les Américains sont étranges. «Soit pas assez bons, soit trop, et
alors ils ne restent pas chez nous», dit Pierre Seillant, président de Pau-Orthez. Voilà qui résume le dilemme du basket français. Car les Américains sont l'élément attractif et dynamisant d'un sport toujours en quête de large reconnaissance. Depuis trente ans, les Américains sont devenus indispensables au basket européen et ont contribué à son développement. C'est Robert Busnel, le père du basket hexagonal, qui a fait venir les premiers au milieu des années 60 au PUC. Actuellement, les 36 équipes professionnelles françaises en ont toutes deux. Et ne peuvent pas, légalement, en avoir plus.
Mais la France peine à rivaliser avec les quatre grandes ligues européennes: l'Espagne, la Turquie, la Grèce et surtout l'Italie. Les clubs, la plupart issus de villes moyennes, n'ont plus les fonds nécessaires pour attirer les meilleurs joueurs venus du championnat le plus relevé au monde. Les basketteurs made in USA sont en moyenne trois fois mieux payés en Italie (près de 3 millions de francs, contre 700 000 F en France). Deux causes sont à l'origine de ce décalage avec les clubs européens. D'abord, les droits de diffusion du championnat appartiennent à Canal +, mais les matchs passent sur Eurosport ou sur le numérique. Or les sponsors exigent une retransmission sur le réseau hertzien. Ensuite, la fiscalité. Un Américain payé en net sur une base 100 coûte 219 à son club et il doit s'acquitter de ses impôts. En Turquie, pour




