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Un tour qui vire a l'aigre

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Où l'équipe nie tout dopage, malgré les aveux du soigneur.

Publié le 29/12/1998 à 17h53

Si l'«affaire Festina» a marqué l'année, c'est parce qu'elle a

révélé la face noire du sport à l'ère du dopage scientifique. «Libération» revient toute la semaine sur cette affaire.

Résumé de l'épisode précédent: le soigneur de l'équipe Festina a été arrêté à la frontière belge le 8 juillet. Dans la voiture de Willy Voet, les douaniers français ont saisi une énorme quantité de produits dopants.

Quand le Tour de France accoste Roscoff le 14 juillet, après l'escapade irlandaise, personne dans la caravane n'attend un jour de gloire. L'étape de la fête nationale, qui traverse la Bretagne, commence terne et se termine sans joie. Il y a des équipes dont le comportement affole les responsables. Certes, l'EPO, ce dopant qui améliore l'oxygénation des muscles, donne un coup de main décisif à la performance, mais sa raréfaction n'explique pas un tel écroulement de certaines formations. Leur entourage comprend avec un peu d'effroi que les coureurs vivent un phénomène de manque, purement psychologique. Dans les hôtels le soir, et d'autres soirs encore, il y aura des scènes de frénésie au téléphone, quand des coureurs tenteront de réamorcer des sources d'approvisionnement. C'est là, d'abord dans le secret des souffrances intimes, que le Tour connaît le premier des jours de folie qui feront quasiment son quotidien spectaculaire pendant trois semaines.

Car le Tour vient d'apprendre que Willy Voet a parlé. Le soigneur Festina a déclaré aux enquêteurs qu'il avait agi sur ordre de ses employeurs

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