Réaliser des bénéfices importants à l'occasion d'une manifestation
sportive comme la Coupe du monde, le fait est sans précédent en France. Mais, pour l'Etat, l'ardoise atteindra deux milliards de francs, trois en tenant compte des aménagements réalisés autour du stade de Saint-Denis (gares de RER, couverture de l'autoroute A1). Les pouvoirs publics ont donc quelques arguments à faire valoir, sinon pour recueillir les bénéfices éventuels de la Coupe du monde, au moins pour décider de leur affectation. Pour la seule construction du Grand Stade à Saint-Denis, l'Etat a supporté 47% d'une facture de 2,7 milliards de francs. Sans compter le préaménagement, la dépollution des sols et l'aménagement des accès. Viennent ensuite les dépenses en faveur des stades des dix villes qui ont accueilli les matchs (375 millions de francs) et les manifestations que l'Etat y a financées (30 millions de francs). Plus les primes supplémentaires versées aux fonctionnaires chargés des transports (RATP, SNCF) et aux forces de sécurité (gendarmes et policiers). Certes, les stades construits ou rénovés sont des «dépenses structurantes» qui dépassent le strict cadre de la Coupe du monde, et continuent donc de profiter aux contribuables. Mais c'est aussi le cas des crédits engagés par les villes hôtes, qui vont, en plus, continuer de bénéficier des deniers publics investis par l'Etat.
Quant au débat sur la répartition des profits éventuels du Mondial 98, «il a déjà été tranché, et par deux Premiers ministr




