Comme deuxième ligne, Fabien Pelous ne ressemble à rien. A ses
débuts en équipe de France, quand il tenait le poste de troisième ligne centre (n°8), il disait: «Je ne suis pas très costaud, je ne vais pas très vite non plus.» Ça pouvait passer pour une naïveté de débutant car, au rugby, ce ne sont pas des choses à dire. Quatre ans après, il persiste: «Je n'ai toujours pas de grandes qualités physiques, mais je travaille ma vitesse.» Il dit aussi qu'il a été un peu complexé, qu'il s'est construit un corps. «Le complexe est passé mais je ne suis pas un adepte de la musculation forcenée, je fais seulement ce qui est utile.» Mais il ne faut pas en rajouter, non plus: Fabien Pelous, 25 ans, 1,98 m, 108 kilos, 37e sélection samedi contre le pays de Galles. Un joueur puissant, forcément.
Cet homme-là est une tête. A voir d'abord. Une mâchoire et des arcades sourcilières fortes, un visage carré, tout ça très loin des canons de l'esthétique grecque. Mais le milieu s'en fout et reconnaîtra avant tout un «guerrier». Parce que si la tête compte, c'est pour ce qu'il y a dedans. «Je ne veux pas parler d'intelligence dans l'absolu, mais je crois que j'ai une intelligence du rugby.» On peut s'en rendre compte à chacun de ses matchs, quelque chose qui se déduit des chiffres: si Pelous est un des plaqueurs les plus constants de l'équipe de France, c'est qu'il se place au bon endroit.
Pousseur. Avant, on ne demandait pas à un deuxième ligne de plaquer. Il suffisait qu'il soit bon en touche et en




