Buenos Aires, de notre correspondante
«Qui arrêtera cette folie?», «Faut-il prolonger l'agonie?"» Les clameurs populaires résument la crise que traverse un des grands du foot argentin: le Racing Club d'Avellaneda est en sursis. La semaine passée, la justice l'a autorisé à disputer de nouveau le Championnat. En cessation de paiement depuis le 4 mars, en raison d'une dette évaluée à 50 millions de dollars, le Racing vient de recevoir une aide sous la forme d'un prêt bancaire de 1,5 million de dollars. Mais sa situation reste précaire: le club a déjà manqué quatre journées de championnat et végète à la 16e place. Et la justice lui réclame un apport global de 3,5 millions de dollars pour l'autoriser à reprendre définitivement son rang. Retour sur une descente en enfer.
Chanteur de tango. Il y a presque un an, le Racing d'Avellaneda est déclaré en faillite par son président, Daniel Lalin, qui vient pourtant d'être à peine nommé. Un liquidateur se penche sur la dette. Colossale. Depuis, ultimatums et délais alternent, pour empêcher la disparition d'un des clubs fondateurs du foot argentin. Créée en 1903 dans la banlieue ouvrière d'Avellaneda, l'équipe avait glané son nom sur la couverture d'une revue française, avant de gravir les échelons de la gloire. Dans les années 20, le Racing a pour fervent supporteur le chanteur de tango Carlos Gardel et, plus tard, le populiste président Peron qui, en 1950, finance et inaugure le stade d'une équipe déjà surnommée, pour sa classe, l'Academi




