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KARATE. Les championnats d'Europe s'achèvent ce week-end en Grèce. La tradition, c'est le kata.

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Publié le 22/05/1999 à 1h09

Chalkida (Grèce), envoyé spécial.

Myriam inspire profondément. Elle déploie lentement ses bras en arc de cercle au-dessus de sa tête pour la première figure du kata, «ouverture sur le ciel» (kanku-daï). Les yeux, rieurs quelques secondes avant, ont immédiatement changé d'aspect. Le regard est acéré, comme vissé sur un objet lointain. Le corps s'est tendu, prêt à bondir sur un adversaire qu'elle est seule à apercevoir et dont elle va se débarrasser d'un geste précis et puissant. Et puis la jeune fille se détend. Elle n'est pas en démonstration mais simplement attablée face à la mer Egée, à l'ombre d'un vieil olivier.

A 22 ans, Myriam Szkudlarek peut se concentrer, discipliner chaque fibre de son organisme, rentrer au «fond d'elle-même» pour effectuer les techniques de karaté les plus pures possibles dans ce ballet martial qu'est le kata (mot japonais signifiant la forme, le moule). Difficile aujourd'hui de croire que ses parents l'ont inscrite dès l'âge de 5 ans dans un club de sports de combat parce qu'elle était «trop turbulente». Son premier professeur la dirige tout de suite vers la technique («il n'aimait pas avoir des filles en combat»). Elle s'assagit, se lance à fond dans la connaissance et la tradition du karaté et brille en compétition dès 11 ans. «Moi j'aime gagner, assure-t-elle d'un ton volontaire. En kata, il faut être sûr de sa valeur car il n'y a pas de verdict aussi définitif que dans un combat.»

En marge des compétitions de combat (kumite), le karaté a mainten

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