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Jennifer Capriati, ex- prodige rebondissant. Après six ans d'errance, l'Américaine gagne à nouveau.

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Publié le 28/05/1999 à 1h12

Elle sourit, et c'est nouveau. Elle salue le public du court n° 2,

envoie de la main des baisers au public qui l'acclame, et ça faisait longtemps. Elle s'est fait violence, et c'est, pour une fois, pas contre elle. Mais contre une autre. C'est étonnant. Jennifer Capriati, l'ancienne baby doll du tennis mondial, vient d'arracher, face à sa compatriote Lilia Osterloh, son billet pour le 3e tour (6-3, 3-6, 6-4). Arracher envers et contre tout un sursis ­ elle est 113e mondiale ­ dans le monde intraitable du tennis de haut niveau.

La foule qui n'aime rien tant que les rédemptions-surprises, les retours de ceux qu'elle a adulés avant de les brûler, l'a compris. Elle lui rend un vibrant hommage. Capriati le reçoit, émue. Elle le goûte. Elle le savoure. Après tout, elle vient de glaner, la semaine dernière, son premier tournoi à Strasbourg depuis sa victoire à Sydney, il y a six ans. L'ex-ado labellisée qualité graine de championne tient un début de come-back, six ans après avoir été quart de finaliste à Roland-Garros. Neuf ans après sa demi-finale. Elle avait alors 14 ans. L'époque où elle battait tous les records de précocité. C'était il y a un bail: «Le temps ne m'a pas paru si long. J'étais dans ma bulle, dans mon monde à moi», commente-t-elle le soir de sa victoire au premier tour.

Son monde à elle, son propre univers, Capriati a enfin réussi à l'envisager. A le remodeler. Et le pétrir, sans un père outrancier, sans une mère abdicatrice («A la manière dont je portais le bébé,

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