C'est une interprète polyglotte qui n'a pas ses langues dans sa
poche. Martina Hingis? «Elle m'énerve, elle sourit tout le temps, même quand elle répond aux questions. Ça fait niais à la fin.» Les soeurs Williams? «Je les comprends beaucoup mieux depuis qu'elles n'ont plus leurs appareils dentaires.» Gustavo Kuerten? «Un garçon charmant, poli.» L'opposé de Rios: «Lui, il est insupportable de mépris.» Sanchez-Vicario? «Une leçon de langue de bois.» Jennifer Capriati? «Elle a forci, non?» Depuis quinze ans, Diane Bourely-Medecin traduit les propos des joueurs et des joueuses. Dans son aquarium de la salle d'interview, où ils reviennent sur leur perf et contre-perf, l'ancienne ramasseuse de balles passe du français à l'anglais, de l'anglais à l'espagnol. Les tennismen, elle les a tous vus passer. Et à force de les écouter, de les interpréter, elle a fini par se faire une opinion bien arrêtée sur les uns et les autres.
La terreur. Les souvenirs fusent, les anecdotes s'égrènent. Elle se voit encore au côté de McEnroe «la terreur». «Quand il rentrait dans la salle, l'adrénaline montait d'un coup. Sur une question un peu agressive, j'ai eu peur qu'il m'en mette une.» Elle se souvient de Connors le blagueur. «Un journaliste l'interroge sur sa victoire face à un jeune Argentin: "Vous savez que ce joueur pourrait être votre fils? Lui, il répond: "Oui, j'ai fait des séjours en Argentine. Je m'apprête à traduire. Là, il a pris ma feuille et l'a déchirée.» Elle se rappelle encore de N




