Il dit: «C'est dur de perdre.» Pour lui plus que pour d'autres,
c'est certain. Son visage est fermé, la moindre expression verrouillée, le ventre noué. Marcelo Rios est un mur. Un peu à l'image de celui qu'il a pris en pleine poire quelques instants plus tôt. Le Chilien a été éjecté d'un tournoi qui lui tend les bras depuis plusieurs années. Le Slovaque Dominik Hrbaty, 31e mondial, a en effet stoppé hier, en quart de finale et en 4 sets 7-6, 6-2, 6-7, 6-3, la marche en avant de «l'Indien». Un nouveau coup d'arrêt pour un type emmuré dans sa superbe et dont le jeu touche souvent au sublime. «J'attends de gagner ici avec impatience», disait-il après sa victoire sur l'Espagnol Alberto Costa. Il va donc devoir encore mariner. L'amour-haine qu'il entretient avec le tennis devrait bien finir par se concrétiser, avec, enfin, une victoire dans un tournoi du grand chelem. «Il gagnera ici, cela ne fait aucun doute», prédit ainsi Patrice Hagelauer. L'ex-entraîneur national ajoute: «Ses grandes années sont à venir. Une fois au sommet, il risque fort d'y rester un bon moment.» Alors, en attendant de gravir ce qui le sépare encore du sommet, Rios vit difficilement la chute ou un tennis parfois en pente douce.
Au fond, ce gaucher surdoué a peut-être appris trop vite à gagner. Champion du monde junior en 1993, il termine l'année 1994 à la 107e place mondiale. Un an plus tard, il est 25e. Fin 1996, il pointe sa crinière corbeau au 11e rang. Rien ne semble l'arrêter. Aussi, lorsque le 30 mars




