C'était le soir de sa victoire choc face à Marcelo Rios, en quart de
finale. Dominik Hrbaty (dire er-ba-ty), casquette visière en arrière et le sourire au bord des lèvres, méditait à haute voix: «Je me demande un peu comment je suis arrivé là.» Comment? En jouant le coupeur de têtes, déboulonneur d'idoles, dépoussiéreur en règle. A son tableau de chasse, un vainqueur virtuel (Rios) et un n° 1 mondial (Kafelnikov). Et un tennis pétillant de fraîcheur, étonnant pour un grand môme de 21 ans au polo rouge; et qui dit jouer ici comme dans un tournoi challenger. A la dure, donc. «Si vous savez vous tenir, vous contrôler mentalement, vous pouvez gagner n'importe quel match, dit-il. N'importe quel tournoi.»
Hrbaty a le ton du vieux briscard et l'insolence de la jeune pousse. «Quand tu bats quelqu'un une première fois, tu peux le battre une deuxième.» Façon de rappeler qu'il a déjà épinglé Agassi cette année à Key Biscane. Une année dorée qui le voit participer à six quarts de finale (Adélaïde, Auckland, Marseille, Saint-Pétersbourg, Londres et Key Biscane) et décrocher à Prague le 2e titre de sa jeune carrière (avec Saint-Marin en 1998).
L'année de la confirmation pour ce fils de prof de tennis qui pointait sa trogne de collégien anglais au 30e rang mondial avant Roland-Garros. L'éclosion véritable pour celui qui, en 1996 pour sa 1re année professionnelle, est passé de la 364e place à la 77e. Il ne compte pas s'arrêter là. Après sa victoire sur Rios, il dit: «Je veux simplement gagne




