Tokyo de notre correspondante
Tomio Tsujino n'oubliera jamais le 29 octobre 1998. Il venait d'assister à Osaka à Japon-Egypte. Et rentrait à Tokyo en train. Il apprit la nouvelle: la fusion des deux clubs de Yokohama. Son équipe, Yokohama Flügels, allait se fondre avec les Marinos. «J'étais abasourdi.» Fan de base-ball, Tsujino ne connaissait rien au foot avant de suivre les premiers matchs de la J-League. Le foot était fashion. «Au départ, j'appréciais uniquement les buts et les stars. Ce n'est qu'après que j'ai compris la technique et l'organisation du jeu.» Il est devenu accro. Depuis la création du championnat pro voilà six ans, cet ex-salaryman, 29 ans, aujourd'hui scénariste, n'a manqué aucun match de son équipe. Bien sûr, il n'ignorait pas ses difficultés financières. La suite fut, dit Tsujino, «une négociation banale entre actionnaires». L'autre sponsor, la compagnie aérienne All Nippon Airways (ANA), en difficulté elle aussi, a proposé la fusion au propriétaire de Marinos, le constructeur automobile Nissan, trop content de se délester d'une partie de la charge de son club. Les supporters durent se contenter de l'initiale «F» dans le nom du nouveau club, rebaptisé Yokohama F. Marinos.
Tsujino décide alors de réagir. Il avait déjà sa petite notoriété: une page web sur le club. Pas démonté, avant le coup d'envoi du dernier match du championnat, il fait irruption sur la pelouse de Yokohama pour exhorter les supporters à s'opposer à la fusion. Démarre alors une lutte de




