Tokyo de notre correspondante
Cela tient du diktat. «Le Japon doit impérativement redécouvrir la passion du football.» A trois ans du Mondial de 2002 coorganisé par le Japon et la Corée du Sud, l'archipel s'interroge sur l'avenir du ballon rond. Horreur: le foot aurait définitivement perdu la bataille contre le base-ball, sport national par excellence (1). Le boom spectaculaire du foot suscité par la création en 1993 de la Japan-League, le championnat professionnel, tient de la nostalgie. Les stades se vident et les sponsors fuient. Cette saison, un des clubs fondateurs de la J-League, Yokohama Flügels, a disparu faute d'argent (lire par ailleurs). La plupart des clubs sont à la rue, surendettés par une politique salariale extravagante. Des stars, comme Cesar Sampaio, ou Dunga, ont plié bagage.
La flamme du foot n'est pourtant pas éteinte. L'équipe nationale mobilise toujours les foules. En mai, 57 000 spectateurs s'étaient déplacés à Tokyo et 67 000 à Yokohama, pour voir évoluer les «Bleus» japonais face à la Belgique et au Pérou. «L'intérêt des Japonais pour le foot reste très élevé, assure M. Komori, responsable de la section football chez Dentsu, première agence de publicité du pays. Mais il faut considérer séparément la popularité du foot et celle du championnat, qui a faibli.» Le contraste entre les matchs de championnat et ceux de l'équipe nationale traduit un malaise profond. Seules Kashima, Urawa, Nagoya ou encore Iwata et Shimizu, remplissent encore les stades. Sur




