Toulouse envoyé spécial
«On est Français, on est Latins. Je voudrais qu'on dépasse ce cadre-là, qu'on soit comme les autres nations. C'est à chaque fois un match de rugby"» A la veille de rencontrer la Namibie (aujourd'hui à 21 heures à Bordeaux), une des plus faibles équipes de la Coupe du monde, Jean-Claude Skrela, l'entraîneur de l'équipe de France, a encore l'air soucieux. A priori, ce n'est pas le résultat qui l'inquiète. Ou plutôt si: «En période de Coupe du monde, dit-il, il est important d'avoir beaucoup de respect pour soi et pour l'adversaire. Ce qui signifie qu'il faudra marquer tous les points que l'on doit marquer.» Record. Il y a un exemple. Les All Blacks étaient définitivement apparus comme la plus grande équipe de la Coupe du monde 1995 en passant 150 points au Japon. C'est difficile à faire et pas seulement parce que fut établi là un record historique. En rugby, quand on a 50 points d'avance, on peut estimer que le match est gagné irrémédiablement. Avec 80 points, c'est une écrasante victoire. Marquer presque deux fois plus de points qu'il n'y a de minutes dans le match, c'est faire preuve d'un sérieux, d'une application et d'un respect pour le jeu remarquables. Même si, vu des tribunes, ça n'a plus grande signification. Et, justement, d'une manière paradoxale, dans ce match Nouvelle-Zélande-Japon, c'était tellement excessif que la notion de spectacle en était subvertie: rien à voir, tout à comprendre.
Les Français, avant leur deuxième match, ne se prennent




