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MONTAGNE. Singulier, l'alpiniste slovène a gravi en solo une face très délicate de l'Himalaya. Humar, l'acharné.

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Publié le 20/11/1999 à 1h38

Tomaz Humar, Slovène, 30 ans, vient de réussir dans l'Himalaya l'une

des plus belles ascensions de la décennie. Le 1er novembre, au Népal, il est parvenu pas très loin du sommet du Dhaulagiri, 8167 mètres. Seul, en sept jours, malgré une météo médiocre, il a gravi plus de 2 500 mètres de paroi, ouvrant dans la face sud de ce géant himalayen une voie qui serait inaccessible au commun des alpinistes quelques milliers de mètres plus bas.

Frayeurs d'altitude. Le 25 octobre, Tomaz Humar est parti par un temps trop doux pour que la face soit sûre. La première nuit, au bivouac, il est frappé par trois grosses avalanches de séracs entre 11 heures du soir et 2 heures du matin, des éclats de glace et des pierres le frappent à travers la toile de la tente. Mais il n'est plus question de faire demi-tour: «Je savais que c'était un aller simple, dit -il. Le rocher était pourri, les crampons s'enfonçaient dedans comme dans de la crotte de poulet, la descente était impossible. J'avais calculé que dans cette paroi, la plus haute de l'Himalaya, si quelque chose arrivait, j'étais sûr de mourir.» La grande cascade de glace qu'il avait choisie comme ligne d'ascension est impraticable, il doit grimper mains nues dans le mauvais rocher, tirer son sac de près de 40 kilos, «beaucoup trop lourd pour une expédition himalayenne ­ et pourtant, j'avais pris le strict nécessaire, je ne buvais qu'une fois par jour, comme un chien"» «Au cinquième jour, arrivé au pied de la grande bande de rocher, vers 7000 m

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