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Libération

A la santé des dopés

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Publié le 28/10/2000 à 5h53

Lille envoyée spéciale

Daniel Delegove, président de la 7e chambre du tribunal correctionnel de Lille, a pu conclure vendredi la première semaine des débats du procès Festina par cette évidence: «Les classements de cyclistes ne veulent plus rien dire. Tout ce qu'on entend dans les journaux spécialisés sur le coureur X qui est meilleur que le coureur Y, sur la progression de Z d'une saison à l'autre, cela n'a aucun intérêt, car on ne sait pas qui se dope et qui ne se dope pas. Comment peut-on encore se passionner pour cela?» Il lui aura fallu pour s'en convaincre entendre quatre experts en pharmacologie ou en biophysique expliquer durant deux jours les grandes catégories de dopants et les incidences du dopage sur les performances sportives et la santé des coureurs.

Mélanges détonants. Le président, effaré, a pris connaissance de la dizaine de produits qu'absorbaient les neuf coureurs de Festina quotidiennement. Corticoïdes, anabolisants, hormones de croissance et EPO, sans oublier tous les médicaments destinés à en limiter les effets secondaires respectifs. «Ce ne sont pas des coureurs, ce sont des cornues pédalantes!», s'exclamera le magistrat. Car l'EPO, par exemple, nécessite parallèlement la prise de fluidifiants du sang pour éviter les risques de thrombose. L'absence de ce suivi médical organisé, propre à Festina, serait ainsi la raison du décès, à l'âge de 39 ans, du coureur néerlandais Bert Oosterbosch en 1990, suspecté d'avoir été un précurseur de l'utilisation de l'EPO

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