Les Sables-d'Olonne envoyé spécial
L'histoire océanique se souviendra de Richard Tolkien comme de l'homme qui leva le doigt. Il était 11 heures passées, samedi, quand l'Anglais interrogea doucement Philippe Jeantot. La traditionnelle dernière réunion des skippers se terminait, on avait évoqué les procédures de départ, les prévisions météo, les problèmes de routage éventuel liés à l'Internet, on allait se séparer lorsque : «Monsieur Jeantot, excusez-moi, mais est-il vraiment raisonnable de partir dimanche ?» On pensait avoir à attendre jusqu'au matin du jour du Seigneur pour savoir ce qu'il en serait des conditions de mer et de vent. Ce n'était plus la peine : l'affinement des prévisions météo ne faisait que confirmer ce que pressentaient déjà vendredi les climatologues. Si les conditions semblaient bonnes en début d'après-midi, un avis de tempête se profilait : «Avec des vents de secteur ouest montant à 50-55 noeuds pour la nuit de dimanche à lundi.»
Des conditions qui auraient forcé les partants à filer au près, babord amure, en longeant les côtes vendéennes, mais sans, comme le disent les chevaucheurs d'océans, «beaucoup d'eau à courir devant». Un jolie image pour rappeler qu'en cas de problèmes techniques ou de fuite volontaire face aux violences des vents, les bateaux peuvent très vite se retrouver drossés vers les terres, les cailloux et les hauts-fonds piégeux. Sans beaucoup de moyens pour lutter contre.
Souvenirs cuisants. La question de l'ami Tolkien n'avait donc rien d




