Les saisies effectuées dans la nuit de mercredi à jeudi par la police italienne dans les chambres des coureurs ressemblent à s'y méprendre à la liste des produits interdits par l'UCI: des anabolisants aux corticoïdes en passant par les poches de plasma sanguin et la caféine, toute la pharmacopée du dopé y figure au grand complet. Se doper est interdit par le pouvoir sportif. Mais rien ne vaut une descente de police pour mesurer l'étendue de la fraude. Ce fut déjà le cas en France en 1998.
Cette année-là, ce sont des interceptions douanières de voi tures de soigneurs qui font éclater les affaires TVM et, surtout, Festina. Elles démontreront la géné ralisation de l'utilisation de l'EPO, une hormone peptidique utilisée dans les traitements de certains cancers et qui accélère l'oxygénation du sang. Richard Virenque, seul coureur prévenu du procès Festina à Lille, avouera ainsi l'injec tion de sa 500e piqûre d'EPO à la veille de son interpellation. Une force exogène au milieu cycliste, la justice, a permis de lever un coin du voile sur l'omerta, le mensonge généralisé et l'hypocrisie du «pas vu pas pris» des instances sportives, organisateurs de course et directions sportives.
A Lille, cet hiver, les aveux de dopage se sont multipliés, «écornant les réputations» de tous les vainqueurs du Tour de France des années 90 sans exception. Willy Voët, bouche d'or, le soigneur de Festina y reconnut benoîtement que son travail de dopeur visait à ne pas rendre «positif» un coureur, dans une i




