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Libération

Déjà plus des bleus

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Publié le 18/06/2001 à 1h16

Toulon envoyé spécial

Chez ces jeunes messieurs, on ne rêve pas, on travaille. Lors du Tournoi international de Toulon, les juniors (moins de 20 ans) français, qui ont fini troisièmes, préparaient déjà le Championnat du monde de leur classe d'âge, qui débute aujourd'hui en Argentine. Ces graines de champions attendus représentent une génération résignée au trop puissant principe de réalité, à l'argent, au grand marché des corps, à la (relativement brève) valeur d'usage. «Faut pas se raconter d'histoire, on est des produits, de la viande comme disait un de mes anciens entraîneurs, les clubs se font du fric sur notre dos, alors nous, on se sert aussi, c'est ainsi, on accepte; qu'est-ce qu'on peut faire d'autre, tout le monde y trouve son compte?», dit Grégory Vignal, défenseur de Liverpool. Pas très grand, mais survitaminé, Vignal est le plus volubile. Mots bien détachés, pensée nette, carrée, et la langue jamais coincée dans les crampons.

Héros absolu. L'attaquant Djibril Cissé a adopté la coiffure dorée qui fait actuellement fureur chez tous les Afros. Avec en sautoir une lourde breloque faux platinium façon vrai rappeur. Les bonnes fées lui prédisent un destin à la Thierry Henry. Ça tombe bien, l'attaquant d'Arsenal est son modèle. Enfin son modèle accessible. Le héros absolu, la référence qui lui tire un léger «ouf» d'émerveillement, se nomme, bien sûr, Zinedine Zidane: «Tout vu, le number one c'est lui.» Mais pour ces jeunes qui ne rêvent pas, le Turinois se situe à quelque

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