Mourad rit un peu jaune: «Ils nous ont fait la honte.» Comme ses copains, il est «déçu» pour ne pas dire «dégoûté» par la fin brutale du match Algérie-France. Tard dans la nuit, dans les cités populaires d'Alger, la partie interrompue était commentée par les jeunes habitués à tuer le temps devant leurs immeubles en attendant leur tour de pouvoir dormir dans des appartements trop exigus. «On aurait pu pourtant les gagner», s'efforcent de plaisanter les uns. «Un but au Stade de France contre les champions du monde, c'est historique. Le nôtre en vaut largement trois, d'ailleurs même les Brésiliens n'ont pas réussi cet exploit», se consolent les autres. Dans le camp des rieurs, il y a ceux qui se réjouissent qu'on ait «évité le pire car on allait prendre 6 ou 8 buts». Pour certains, l'envahissement du terrain était une «ruse pour que le match ne soit pas validé». «Comme ça, on n'aura jamais perdu devant la France.» Mais à la Casbah, comme à Belcourt ou à Kouba, le coeur n'y est pas vraiment.
Fête interrompue. La frustration de la «fête gâchée», celle qu'on attendait sans trop y croire, mais fiers que «les nôtres affrontent les champions du monde», est partout. Dès 20 heures en effet, les rues d'Alger et des grandes villes s'étaient quasiment vidées. Les Algériens, souvent réunis en famille ou regardant le match dans les cafés, avaient salué par une immense clameur le but de Djamel Belmadi qui «sauvait l'honneur» quelle que soit l'issue. Les rues ont bien repris un peu d'animation




