Séoul envoyé spécial
Plancher de bois clair, poutres apparentes, sofas confortables aux épais coussins, bibliothèque de livres d'art en coréen, anglais et même français... Kim Sa-hung, alias Charley, est à 36 ans l'heureux gérant d'un des derniers cafés à la mode de Séoul, le Jinsun Book, situé près de la «Maison bleue», la présidence de la Corée du Sud. L'image de son café est bien éloignée du paysage grisâtre, voire sinistre, qui constituait encore le lot commun de cette mégalopole lorsqu'elle accueillit, en 1988, les Jeux olympiques.
Quatorze ans ont passé et si Séoul reste un étouffant capharnaüm, la nonchalance de la consommation et du bon temps y a pris peu à peu le pas sur la frénésie productive et industrielle du «miracle» économique : «Oubliez les rez-de-chaussée des immeubles à l'allure de halls de gare et aventurez-vous dans les étages ou les sous-sols. Tous regorgent de cafés, de restaurants, de PC Bangs [les cybercafés locaux, ndlr»]...», confirme Patrick Maurus, l'un des meilleurs spécialistes de littérature coréenne, aujourd'hui conseiller culturel auprès de l'ambassade de France. Les JO de 1988 symbolisaient le développement de la Corée du Sud et sa toute jeune démocratisation. La Coupe du monde de football offre un aperçu du nouvel hédonisme en vogue, porté par la vague de l'Internet, le boom des cartes de crédit et une ouverture croissante sur l'étranger. De la terrasse de son Jinsun Book Café, face à l'un des anciens palais royaux de Séoul où se nichent à pe




