Kyoto envoyé spécial
De son écriture enfantine, le garçon venu avec sa mère a écrit en japonais le nom de Nakata, le milieu de terrain vedette de l'équipe nipponne. Une courte prière devant l'autel, quelques tractions rituelles sur la grosse corde disposée devant la cloche de bronze... Chaque jour, depuis le début du Mondial, le temple Shiramine de Kyoto voit débarquer son lot de fans pressés de soumettre leurs voeux aux kami (le nom des divinités de la religion traditionnelle shinto) de l'endroit. Shiramine Jinja (le temple Shiramine en japonais) n'est pas un lieu de culte ordinaire dans cette ancienne capitale impériale truffée de sépultures, de palais, de mausolées et de splendides lieux de recueillement. Construit en 1863 pour honorer la mémoire des empereurs Sutoku (1119-1164) et Junnin (733-765), ce petit temple de bois sans fard honore aussi le kemari, un ancien sport de balle populaire au sein de l'aristocratie insulaire d'antan. Joué par 4 ou 5 personnes, le kemari consistait à se renvoyer une balle d'osier sans qu'elle ne touche jamais le sol. Une discipline vite érigée, au Japon, au rang d'ancêtre national à la fois du football et du rugby. Shiramine Jinja vit donc avec sérénité au rythme des grands moments de la compétition : «Des immigrés brésiliens de Shizuoka (une province voisine, ndlr) sont venus la semaine dernière déposer une offrande pour leur équipe», raconte Yoshi Inoue, l'un des gardiens de l'endroit. Et d'autres les ont imités : accrochées à un portiqu




