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Cagancho, un torero prend sa retraite

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Publié le 12/07/2002 à 0h23

Le 18 mai dernier à Madrid vers 20 h 45, lorsque le rejoneador (1) Pablo Hermoso de Mendoza est apparu monté sur le légendaire Cagancho pour banderiller son toro, une énorme clameur est tombée de Las Ventas. Elle était pour le cheval. Cinq minutes plus tard Mendoza a sauté de la selle et a laissé galoper Cagancho qui est rentré seul et libre dans la cour des arènes. A la fin de son combat, Mendoza l'a ressorti, a pris un petit ciseau et a coupé quelques crins de sa crinière parce que, lorsqu'un torero fait ses adieux, il se coupe la mèche de cheveux postiche qui marque son état. Puis Mendoza a embrassé Cagancho et, en larmes, lui a parlé à l'oreille avant de faire avec lui un tour de piste. En hommage, le torero à cheval portugais João Moura a enlevé son tricorne et l'a posé sur sa selle. Cagancho faisait ses adieux à Madrid comme il les avait faits le 16 avril à Séville, où Men doza était prêt à le faire sortir par la Porte du Prince s'il avait coupé une troisième oreille et comme il les a faits samedi 6 juillet chez lui à Pampelune. Mendoza a dessellé Cagancho qui a quitté la scène pendant que les Pamplonais se cassaient les mains et la voix à l'applaudir et à l'ovationner. On ne le verra plus, sauf peut-être l'an prochain exceptionnellement dans une seule arène.

Un charisme ensorceleur. Le cheval Cagancho restera dans l'histoire de la tauromachie comme un torero de génie, et les critiques taurins les plus flegmatiques ont vu, dans ses larges hanches noires, la solennité de

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