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Libération

Barrancos torée à visage découvert

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Publié le 06/09/2002 à 0h52

Barrancos (Portugal)

envoyé spécial

A l'entrée du village de Barrancos, juste après le panneau annonçant que la zone est «libre d'armes nucléaires», une statue : celle d'un toro de combat. Dans le bureau du maire socialiste Nelson Berjano, 30 ans, le plus jeune maire du Portugal, une sculpture en bois : un toro avec, gravée dessus, la phrase de Picasso : «Les toros sont des anges qui ont des cornes.»

Barrancos, village de 2000 habitants collé au sud de l'Alentejo, à la frontière espagnole, à 12 kilomètres de l'andalouse Encinasola, était, jeudi 29 août, la capitale de tauromachie. Pour la première fois au Portugal, depuis la loi de 1928 interdisant la mise à mort des touros, un toro a été estoqué en toute légalité au cours d'une corrida. Petite parenthèse : les toros de la corrida portugaise sont abattus après le spectacle et, si la course a eu lieu le samedi, ils se doivent, avec leurs blessures, d'attendre jusqu'au lundi l'ouverture de l'abattoir pour être tués. Parenthèse fermée. Cela dit, tuer un toro de combat à Barrancos n'avait jeudi rien d'original. Ça s'est toujours fait fin août, à l'occasion des fêtes de Notre-Dame de la Conception, et à coup de trois «novilladas populaires» où, chaque jour, deux toros étaient combattus et estoqués à la barbe de la loi. Ni le régime dictatorial de Salazar, ni la démocratie à partir de 1974 n'ont pu venir à bout de la tradition barranquenha, vieille de 300 ans.

Terre de personne. Pour sa corrida avec mise à mort, Barrancos a d'abord pr

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