Nîmes envoyé spécial
Mercredi 4 juin, petite leçon de morale taurine : le toro te donne ce que tu lui offres, il te donne sa bravoure si tu lui donnes ton ventre, tes fémorales, ton courage. Chacun dans cet échange se nourrit de l'autre, avant de finir, l'un, Pobrecillo, mort, l'autre, Manuel Jésus Cid «El Cid», vidé. Epuisé mais plein après cette aventure de quelques minutes. C'est pourquoi le desplante que Cid a fait mercredi, en se jetant à genoux, sans épée ni muleta, à la tête de Pobrecillo, toro encasté et agressif de Victorino Martin, était le contraire d'une posture destinée aux gradins. C'était l'aboutissement du don de lui qu'El Cid faisait à ce toro qui lui avait donné tant de peine et donc tant de plaisir à la surmonter.
Mercredi, El Cid a été le seul à se compromettre avec les toros de Victorino Martin dont la race, un peu en sommeil, ne demandait qu'une chose : qu'on la réveille par le défi. Cid sera le seul à toréer bien droit, sans chichis, en se croisant dans le terrain du toro et avec une tauromachie qui tirait son émotion de son austérité. En tuant mieux Escudero, El Cid, qui avait recomposé dans sa muleta les charges décomposées de ce toro mou et sournois, aurait pu couper une oreille. Après un combat farouche, qui montrait bien dans sa progression et jusqu'aux naturelles épanouies de sa conclusion le cheminement compliqué d'une conquête et malgré deux estocades ratées, il en coupera une à Pobrecillo, un toro dur et électrique. Du point de vue de l'épée, El




