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Défaite nationale à Carmaux

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Le 14 juillet 1968, le Tour bascule avec la chute de Poulidor. Gino et Bruno, ex-coureurs et mineurs de fond, y étaient.

ParMichel CHEMIN
Blaye-les-Mines envoyé spécial
Publié le 18/07/2003 à 0h05

A l'occasion du centenaire du Tour de France, «Libération» revisite les petites et grandes histoires, liées à l'étape du jour.

Dimanche 14 juillet 1968. Le Tour en est déjà à sa 15e étape, Font-Romeu-Albi, il a passé les Pyrénées, mais n'a toujours pas sorti de sa torpeur la France, encore groggy de son printemps tumultueux. L'esprit de 68 souffle néanmoins sur le Tour. Cette 55e édition, la dernière disputée entre équipes nationales, est cadenassée par les formations dotées d'un sprinter. Les journalistes grognent unanimement face à la monotonie des étapes, et l'écrivent. Ce qui leur vaut d'être qualifiés de «blasés» par Félix Lévitan, alors codirecteur du Tour, qui les accuse d'avoir «les yeux usés». En représailles, les journalistes font la «grève» au début de l'étape Bordeaux-Bayonne et déclenchent une jolie bronca à l'intention de Lévitan.

«Poupou» en sang. Et déjà le dopage ­ on disait alors «doping». La mort du Britannique Tom Simpson l'année précédente, tombé sur les pentes du mont Ventoux, a contraint les organisateurs à plus de rigueur. Pour la première fois, les contrôles se font chaque jour, à l'arrivée. Ils sont généralement mal vécus par les coureurs, et, dans la caravane, les rumeurs vont bon train. Bref, ce 14 juillet, c'est loin d'être la fête.

Cette journée livrera pourtant tous les éléments prompts à servir «la légende». C'est d'abord Roger Pingeon qui se lance, à 180 kilomètres de l'arrivée, dans l'une de ces longues chevauc

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