Le Mans envoyé spécial
Fini le monopole. Du coeur, de l'argent et des attentions. Au Mans, le basket a régné sans partage sur la ville pendant les quarante dernières années. Trois titres de champion et une pléiade de places d'honneur en attestent. Mais cette saison le sport-roi débarque. L'équipe du MUC, qui patientait en Ligue 2 (anciennement deuxième division) depuis quinze ans, vient d'accéder à l'élite, et pourrait bien faire de l'ombre au basket.
Au comptoir du bistrot qui jouxte la place de la République, on se passe France-Football de main en main. Une double page consacrée au MUC, on n'avait jamais vu ça. Certes, Le Mans a déjà joué en première division. Mais à une autre époque, au début des années 40. Impossible d'en trouver trace, que ce soit dans la mémoire des piliers de bar ou dans l'annuaire du club. «Faudrait retrouver des collabos», murmure-t-on en plaisantant à moitié du côté du stade.
En fait, le passé n'intéresse guère. Ce qu'on retient, c'est 1985, année de la fusion de l'US sportive du Mans et du Stade olympique du Maine. Après avoir inventé la télévision couleur, le Minitel et le téléphone numérique grâce à son usine Philips, Le Mans réinventait enfin son foot. Début d'une lente maturation, progressive, sans folie, d'un club plutôt sandwich aux rillettes que caviar à la louche. Le club a surtout investi dans son centre de formation. Cette année, onze joueurs de l'effectif en seront issus. Au pays des mutuelles, on assure l'avenir : «Notre exemple, c'est Gu




