A cette époque, on se peignait «à la Reverte», on portait des chemises plissées et les chapeaux «à la Reverte», on déambulait avec une canne comme Reverte et des admiratrices jetaient en piste des éventails. Avec, Reverte avait la galanterie de faire un quite à un toro. A cette époque, l'Espagne perdait Cuba et vendait les Philippines en chantant des rengaines à la gloire de ce torero, et tous les pianos mécaniques, de Valencia à Manille, serinaient la Novia de Reverte : la «fiancée de Reverte, olé/ a un mouchoir/ avec quatre picadors, olé/ et Reverte au milieu». Il était adulé jusqu'en Amérique du Sud et au Portugal. A son passage, les étudiants jetaient leurs capes à terre pour qu'il y marche dessus.
Mais pour Antonio Prudencio, de la Très Sainte Trinité Reverte y Jimenez, chouchou de l'Espagne de la fin du XIXe siècle, le mois de septembre n'aurait pas dû exister. C'est en septembre qu'il prendra ses plus gros coups de corne et souvent dans son habit vert nil et or. C'est le 13 septembre 1903, il y a cent ans tout rond, qu'il est mort après une opération du foie. Il avait 35 ans, une renommée comparable seulement à celle d'El Cordobes dans les années 60, et des kystes au foie provoqués, d'après lui, par un accrochage avec un veau dans sa jeunesse à Alcala del Rio, en Andalousie. Le 6 septembre 1903, il torée une dernière fois à Marseille. On l'opère une semaine plus tard à Madrid, il blague avec le chirurgien sur ses deux kystes : «Maestro, nous allons toréer les deux.» Il




