L'été taurin 2003 a deux visages. Celui, figé et comme ciré par l'ambition d'être le premier de la classe, de Cesar Jimenez ; celui, sec et allongé comme un gentilhomme du Greco, de Juan Diego. Le premier est un métronome. Il triomphe partout avec une régularité aussi horlogère que sa tauromachie. Le second est un ressuscité qui porte un fantôme dans son physique et dans sa tauromachie classique et sobre : le fantôme de Julio Robles.
De la mi-juin à la mi-août, Cesar Jimenez a toréé autant de corridas que Juan Diego depuis son alternative, en 1999 : une trentaine. Mais Jimenez comme matador n'a pas toréé une fois à Madrid, alors que Juan Diego, le 10 août, a triomphé dans le désert de ciment de Las Ventas. 3 000 spectateurs pour 23 000 places l'ont vu couper une et une oreille et sortir par la Grande Porte. C'était sa troisième corrida dans le vide caniculaire de la capitale. Le 29 juin, les toros de Sepulveda étaient trop médiocres. Le 13 juillet, devant un quart d'arène, le président lui a refusé une oreille mais un critique taurin perdu dans la pincée d'aficionados a remarqué la qualité de sa tauromachie et surtout de ses veronicas, «les meilleures vues cette année et qui avec du rythme et du temple ont bercé le toro jusqu'au centre piste». Le nouveau manager de Juan Diego, l'ancien torero portugais Rui Bento Vasques, le revendique : «A la cape, il est le meilleur de tous.»
La résurrection de Juan Diego, 28 ans, a commencé chez lui, à Salamanque. Le 12 juin, il torée en rem




