Gap (Hautes-Alpes) envoyé spécial
La plaisanterie a fait le tour des drop zones du monde entier : «Tu as vu sourire Eric aujourd'hui ?» Visage sévère à peine adouci par des boucles de jais, sec comme un coup de trique, Eric Fradet, 44 ans, légende vivante dans les airs, a, paraît-il, les zygomatiques définitivement bloqués. Peut-être est-ce l'influence des sauts répétés à 4 000 m d'altitude, «un peu moins de 26 000» selon son propre comptage, tout au long d'une histoire d'amour presque exclusive et commencée à 17 ans. Sans compter ceux effectués jusqu'à samedi au Championnat du monde de parachutisme organisé sur l'aérodrome de Gap-Tallard, la Mecque européenne des fous de voile. Avec la complicité de son videoman Loïc Jean-Albert, vingt ans de moins mais «une carrière monstrueuse» devant lui, Fradet veut garder son titre mondial en skysurf (le médiatique «surf des nuages», lire encadré), obtenu en 2001 en Espagne.
Après des années consacrées, entre autres, au vol relatif, surfer dans les airs est devenu sa spécialité le jour où il a découvert les prestations ébouriffantes de Laurent Bouquet, l'un des pionniers de la discipline en France. «Le plaisir du skysurf, c'est celui de la surface additionnelle (la planche, ndlr) qui transforme la chute en vol, car il y a un véritable déplacement», explique Fradet. S'il gagne, le garçon devrait rester sobre : «Je ne me suis pas investi si longtemps dans le parachutisme parce que c'est fun et à la portée de tous, mais parce que c'est diff




