Les Africains tirent ailleurs
Chronique d¹un courroux récurent. Comme tous les deux ans, les clubs de l¹élite sont pris d¹une poussée de fièvre en plein c¦ur de l¹hiver. La cause ? La Coupe d¹Afrique des nations (CAN), qui voit les seize meilleures sélections africaines se disputer le titre continental. La dix-neuvième édition se dispute en Tunisie du 24 janvier au 14 février, en plein championnat de France. A priori, pas de rapport logique si ce n¹est que 78 des joueurs participant à cette CAN évoluent en France, dont 50 en Ligue 1.
Conséquence ? «Il faut décaler cette compétition une bonne fois pour toutes», résume Gérard Gili, l¹entraîneur de Bastia, privé de trois de ses joueurs. «C¹est une aberration, tout le monde en pâtit à chaque fois, mais rien n¹est fait pour arranger les choses», s¹insurge Erick Mombaerts, le coach de Toulouse.
Des vingt clubs de l¹élite, pas un seul n¹échappe à cet exode. Lens est ainsi amputé de six joueurs, Lyon et Monaco n¹en perdent qu¹un. Paradoxalement, les plus touchés ne sont pas nécessairement ceux qui hurlent avec les loups : «On sait depuis longtemps que les gars risquent de partir, alors pourquoi gueuler», dit par exemple Gérard Bernardet, l¹entraîneur de Montpellier, qui a vu trois de ses titulaires rejoindre la Tunisie. «On n¹a pas à être content ou pas ; si on ne voulait pas avoir de problèmes, il ne fallait pas engager de joueurs africains», précise Bertrand Marchand, l¹entraîneur de Guingamp, lanterne rouge de L1, privé également d




