Dans les années 40 et 50, Mario Cabré baissait bien la main en toréant à la cape et couchait avec Ava Gardner, et aussi Yvonne de Carlo. Il était natif de Barcelone et de sa cape «mi-sucre mi-eau», comme il l'a écrit dans un poème dédié à Ava, s'écoulaient les veronicas parmi les plus fines et les plus lentes. Il jouait aussi au théâtre et faisait du cinéma dans Pandora d'Albert Lewin (en 1951), par exemple. Il sera également présentateur de l'émission de télévision Reine d'un jour, conférencier, mannequin. Il disait : «Je suis torero et catalan, ce qui équivaut à être deux fois torero.» Catalan et même catalaniste : Cabré a financé et joué plus de vingt pièces d'auteurs catalans au théâtre Romea de Barcelone, et son oeuvre poétique rédigée en catalan couvre une quinzaine de volumes. Il torée avec Manolete, Lalanda, Domingo Ortega, et son plus grand triomphe, il le connaîtra avec le Mexicain Arruza, le 25 juillet 1944 à la Monumental de Barcelone. Avec Arruza, il en sortira en triomphe et ses admirateurs le promèneront sur leurs épaules de la Gran Via aux Ramblas. A sa mort, le 30 juin 1990, ses amis ont déposé sa cape rose et jaune sur son cercueil.
Sans être une figura de la tauromachie, Mario Cabré est l'un des nombreux toreros catalans qui ont laissé leur nom dans l'histoire de la corrida, comme Enrique Patón, Eugenio Ventoldra, Ramón Arasa, Manolo Martín, José María Clavel, Paco Corpas, qui débutera bizarrement à Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône) en 1948, ou Javier Batalla




