Grenoble, correspondance.
L'alpiniste et guide niçois Patrick Berhault, 47 ans, s'est tué mercredi dans les Alpes valaisannes, en Suisse. En fin de matinée, il avait atteint une altitude d'environ 4 400 m sur l'arête du Dom (4 545 m) lorsqu'une portion neigeuse s'est effondrée sous ses pas. Précipité dans le versant nord, escarpé et rocheux, il n'a pas survécu à une chute de plusieurs centaines de mètres. L'alerte a été donnée quelques minutes plus tard par son compagnon Philippe Magnin, guide chablaisien qui le suivait de peu, mais, en raison des nuages accrochés aux versants du Dom jusqu'à la tombée de la nuit, le corps n'a été retrouvé que jeudi matin.
Défi au long cours.
Patrick Berhault et Philippe Magnin étaient engagés depuis le 2 mars dans un voyage alpin au long cours, un défi physique et technique sans précédent : l'enchaînement de la totalité des 82 sommets de plus de 4 000 m des Alpes (lire page suivante). Progressant le plus souvent par les voies normales d'ascension, rendues parfois ardues par les conditions hivernales, ils reliaient toutes les cimes à pied, à travers les Alpes françaises, italiennes et suisses. Quelques heures avant l'accident, les deux complices avaient atteint leur 66e objectif, le Taeschhorn, relié par une longue arête au sommet du Dom. Comme à leur habitude, ces deux alpinistes d'exception, reconnus pour leur maîtrise de la progression en haute montagne, n'étaient pas encordés, afin de progresser plus vite. Patrick Berhault n'a donc rien pu f




