Lisbonne envoyée spéciale
C'est la quatrième fois depuis le début de cet Euro. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les Portugais ont fêté la victoire de leur équipe de foot jusqu'à plus soif. Cette fois avec plus d'emphase encore que d'habitude, car, pour la première fois de son histoire, le Portugal atteint la finale d'une grande compétition. A Lisbonne, la tradition festive veut que les voitures gagnent dès la fin du match la place centrale du Marquis de Pombal à grands coups de Klaxon. Avant-hier soir, l'accès à ce lieu rituel était interdit. Qu'à cela ne tienne, des milliers de Lisboètes ont envahi la place à pied avec écharpes et drapeaux rouge et vert, chantant et criant jusqu'à épuisement.
Jour «magique». Des grappes de supporters s'accrochaient au flanc de l'immense monument dominé par la statue du reconstructeur de la capitale, après le terrible tremblement de terre de 1755. Mais c'est à un Brésilien, reconstructeur d'une fierté nationale autour du ballon, qu'ils doivent cette joie. Luiz Felipe Scolari, l'entraîneur du Portugal, n'en a pas fait mystère : il a beaucoup souffert dans la seconde période du match électrique face aux Pays-Bas, avant de savourer la date du 30 juin. Un jour «magique» : le 30 juin 2002, la sélection brésilienne remportait avec lui son cinquième titre mondial à Yokohama, au Japon. «Ce sont des émotions différentes, estime Luiz Felipe Scolari. Le Brésil avait déjà connu quatre fois ce triomphe avant moi, alors que le Portugal n'était jusqu'ici ja




