Nîmes, envoyé spécial.
Anthony Charteau, 25 ans, dispute son premier Tour. Le dossard 123 est un équipier modèle. Un porteur d'eau, comme il se disait jadis. Celui qui attend son leader pour l'aider à rejoindre le peloton, qui lui donne sa roue le cas échéant. Dans le métier, on dit de tous les Anthony Charteau de toutes les équipes que ce sont des «coureurs modèles». Le cyclisme est un sport où la vocation comme l'instinct de sacrifice sont loués en boucle. On peut dire qu'Anthony l'ouvrier consciencieux est un compagnon du Tour de France.
En ce moment, ce jeune homme volontaire roule pour Thomas Voeckler. Son ami, qui sera son témoin de mariage après le Tour, et dont l'éclat du maillot jaune rejaillit un peu sur lui, vu que Voeckler ne manque pas une occasion de rendre hommage à ses équipiers. Le Nantais s'accommode de ce rôle ingrat : «C'est le boulot, et avec le bon esprit qui règne au sein de l'équipe il n'y a pas de pression ou de contraintes supplémentaires.»
Son directeur sportif, Jean-René Bernaudeau, qui l'a découvert en culottes courtes, a beau affirmer : «Il est capable d'un coup d'éclat», pour l'instant le palmarès professionnel d'Anthony est vierge de victoire après quatre ans de professionnalisme. Et plus de dix ans à pédaler sur toutes les routes, par tous les temps, comme il le désirait. «Mon père était cycliste. C'est tout bête, mais j'ai voulu faire comme lui. Il trouvait ça si dur qu'il n'a pas voulu que j'en fasse avant 14 ans.» Trouve-t-il du plaisir à ser




